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pour
l'école

L'école française face aux inégalités sociales : entre reproduction et émancipation
Une sociologie clinique des débats actuels sur l’école française : entre invisibilisation des alternatives et remise en cause des logiques dominantes
À partir d’une analyse critique des discours dominants relatifs à la situation de l’école française — notamment en ce qui concerne les effets de sa première massification — il devient possible de faire émerger une sociologie clinique fondée sur les contributions croisées de chercheurs et de praticiens. Ces contributions, issues de réseaux sociaux et diffusées sous forme de conférences ou d’entretiens thématiques, offrent un matériau discursif pertinent pour mettre en lumière les tensions structurelles et les impensés des politiques éducatives contemporaines.
De cette analyse émanent des axes potentiels d’amélioration à trois niveaux d’intervention : micro (pratiques pédagogiques et relationnelles), méso (organisation des établissements et pilotage intermédiaire), et macro (gouvernance et orientation politique). Ces pistes, qui pourraient soutenir une seconde massification plus équitable et émancipatrice du système éducatif, sont pourtant largement ignorées par les décideurs. Elles constituent néanmoins un "déjà-là" empirique, repérable dans les initiatives locales, les innovations discrètes ou les résistances institutionnelles, qu’il conviendrait de cartographier et d’analyser plus systématiquement.
L’analyse révèle plusieurs angles morts majeurs dans les politiques éducatives actuelles :
· La nature et les implications d’une commande sociale récurrente adressée à l’école française, qui tend à internaliser les inégalités sociales en les renforçant, tout en continuant à assurer sa fonction sélective vers les positions sociales les plus valorisées.
· La paupérisation croissante du corps enseignant, conséquence directe d’une politique néolibérale de réduction des coûts et d’affaiblissement du statut professionnel, couplée à une tendance à la marchandisation des savoirs et à une possible instrumentalisation idéologique des contenus d’enseignement au service d’une forme d’endoctrinement électoral.
· La caporalisation des corps intermédiaires, notamment des inspecteurs à tous les niveaux du système, dans le cadre d’une reprise en main autoritaire contre-productive, qui empêche la mise en œuvre de pilotages contextualisés et de dynamiques d’innovation ascendantes.
· Les incohérences persistantes dans les stratégies de formation des enseignants, marquées à la fois par des injonctions paradoxales et un déficit de vision intégrative sur les compétences à développer, en particulier face aux enjeux de l’intégration raisonnée et critique des technologies numériques dans les pratiques pédagogiques.
Le présent dossier, réalisé avec l’appui de l’I.A.G. (Intelligence Artificielle Générative), constitue l’une des productions élaborées et partagées par l’équipe du think tank Od’écol. Il s’inscrit dans une volonté de nourrir une réflexion collective et prospective sur l’amélioration des systèmes éducatifs, tant en France que dans les pays francophones d’Afrique subsaharienne, en mobilisant les outils de l’analyse critique, de la recherche-action stratégique et de la sociologie clinique.



